Conseil municipal du 25 avril - Vidéosurveillance

Publié le par NCO

Monsieur le Maire, cette motion va bien évidemment retenir l’attention des Messins.

 

Et la question que l'on se pose immédiatement, c’est pourquoi ? Pourquoi faire aujourd’hui ce que vous avez toujours refusé de faire ? Et bien la réponse est simple. Elle s’appelle TMO. La société « Territoires Marchés Opinions » qui, dans le cadre de l’opération Metz 2030, fait la synthèse des résultats de l’enquête menée auprès de 700 messins et des 5 tables rondes auxquelles ont participé des habitants. Et que constate-t-on ? Que près de 50% des personnes interrogées se plaignent de l’insécurité montante dans notre ville.

 

Alors bien sûr, ces résultats sont du plus mauvais effet à quelques mois d’échéances municipales. On comprend mieux pourquoi la sécurité et la vidéosurveillance qui étaient jusque là réservées à ceux que vous qualifiiez de "doctrinaires de droite" deviennent finalement votre nouvelle vitrine ...

 

Madame Hebert Suffrin, vous disiez dans la presse que la sécurité n’était ni de droite ni de gauche, c’est vrai, ce n’est que du bon sens. Faire en sorte que les citoyens puissent vivre et évoluer librement dans leur ville.

 

Mais ce bons sens, vous en avez cruellement manqué pendant 5 ans : suppression totalement infondée de la police municipale de nuit dont nous n’avons cessé de demander le rétablissement, insécurité grandissante en Centre Ville et dans les quartiers…

 

Il vous aura fallu attendre 5 ans, 5 ans durant lesquels le centre ville s'est vidé et les quartiers se sont dégradés de manière sensible, pour donner enfin raison à votre opposition. Même si, concernant la police municipale, il ne s’agit que d’une "mesurette" puisque rétablie uniquement 3 soirs par semaine et jusqu’à 2 heures du matin. Il me semble pourtant que les problèmes surgissent bien souvent à une heure plus avancée de la nuit et c’est bien à ce moment là que la présence policière est nécessaire !

 

Ce soir, c’est au tour de la Vidéo Surveillance ...

 

Avant d’en venir au projet lui-même je ne peux m’empêcher de reprendre quelques déclarations très éclairantes sur le crédit que l’on peut accorder à vos déclarations ... droit dans les yeux !

 

- Républicain Lorrain du 20 août 2010, suite à une conférence de presse au cours de laquelle vous annoncez le chiffre extravagant de 2.000 caméras à Metz. « On est filmé de tous les côtés, vous pouvez être tranquille ». Vous faîtes alors état d’une diminution de 20% de la délinquance, le journaliste observant que ces statistiques font curieusement l’impasse sur les atteintes aux personnes qui, elles, sont en progression constante ... 2.000 caméras, on appréciera votre capacité à manipuler les chiffres ....

 

- Conseil municipal du 24 février 2011, c’est la fronde de la gauche contre le renforcement de la vidéo surveillance que nous réclamons :

 

Monsieur Maréchal, « je doute de l’efficacité de ces machines qui ont un coût exorbitant ».


Pierre GANDAR, "il faut respecter les libertés individuelles". On en déduit qu’elles sont mises en danger par la vidéosurveillance.

 

Hacène LEKADIR qui parle du coût de fonctionnement pour les 41 caméras fixes et mobiles alors installées à Metz , « 400.000€ pour d’aussi piètres résultats, franchement c’est exorbitant…Je n’ai, jamais vu une caméra passer des menottes à un voyou ».


Jean-Michel Toulouze, qui critique « le dogmatisme de la droite sur ces questions : les habitants de Borny et de Bellecroix ne réclament pas de caméras, ils veulent seulement que la police nationale se déplace quand ils l’appellent la nuit… ».


Danielle Hebert Suffrin, «A trop agiter le sentiment d’insécurité, c’est encore la peur que l’on excite ».

 

Et le mieux, c’est vous Monsieur le Maire :

 

- Conseil Municipal du 1er mars 2007, au sujet de l’extension du réseau de Vidéo Surveillance dans les quartiers de la Patrotte et chemin de la Moselle. Vous votez contre, tout comme votre collègue d’alors Monsieur Bertinotti, ou encore Madame Bori, ou encore Monsieur Jean. Votre argument  : l’inutilité d’un dispositif jugé démagogique !!

 

- Conseil Municipal de 2005, où vous votez contre la mise en place d'une équipe de surveillance et de la vidéo surveillance pour le pôle des Lauriers à Borny ....

 

Et lorsque vous êtes arrivé aux affaires en 2008, vous n'avez rien trouvé de mieux que de supprimer les crédits votés en Conseil Municipal et consacrés à l'installation de la vidéo surveillance aux alentours du centre commercial de Bellecroix, comme vous l'avez écrit dans un courrier dont a d'ailleurs eu connaissance Monsieur N'Zihou ... Idem pour le Limousin ... Les écrits restent Monsieur le Maire

 

Alors monsieur le Maire ce revirement serait-il circonstanciel ? Il est vrai que vous êtes en campagne et l’on comprend votre malaise à la lecture du sondage que j’évoquais en introduction. Les voix des urnes sont décidément impénétrables …

 

La réalité, c'est que vous vous trompez depuis 5 ans. Et que vous tentez aujourd'hui de vous refaire avec ce dispositif.

 

Sur ce dispositif justement que vous nous proposez de voter ce soir, plusieurs observations :

 

Sur les choix d’implantation de ces caméras tout d'abord : rien dans les quartiers. Vous qui aviez fait des quartiers votre priorité lors de la campagne de 2008, ils sont aujourd’hui totalement oubliés, hormis sur le tracé du Mettis.

 

Or l’on sait que les quartiers souffrent et les habitants se plaignent de l’insécurité montante. Qu’avez-vous prévu pour eux ? Les habitants ont besoin non seulement de présence humaine (ce qu’ils se plaignent de ne pas avoir aujourd’hui) mais également de caméras fixes et mobiles sur les points névralgiques connus de tous. Ces habitants se sentent aujourd’hui totalement oubliés.

 

Il est bien évident que la Vidéo Surveillance est un dispositif parmi d’autres, ça n’est pas la panacée, mais on ne peut pas s’en passer. Et nous voterons la mise en place de ce dispositif. Mais Il faut le concevoir dans le cadre d'une politique globale de sécurité avec une police municipale renforcée qui ne serait plus seulement une police de stationnement, ce qui est malheureusement le cas aujourd'hui, et une coopération renforcée avec la police nationale.


Enfin et pour conclure sur ce point « sécurité » je voudrais revenir sur la décision invraisemblable du Ministre de l'Intérieur, Monsieur Valls, d'exclure Borny des 64 Zones de Sécurité Prioritaires, alors que cela avait été préconisé par les autorités judiciaires elles-mêmes !

 

Ce quartier est en effet considéré par les forces de police comme l'un des points de trafic les plus important de l'Est de la France. Selon l'Intérieur et la Chancellerie, ce classement s'appuie sur une demande venant du "terrain", et l'on pouvait supposer, après vous avoir entendu dans cette assemblée vanter vos relations très privilégiées avec le ministre de l'intérieur, que les demandes venant du terrain étaient suffisamment convaincantes pour être entendues.

 

Cette décision infondée nous prive aujourd’hui de moyens humains et matériels pour assurer aux habitants une qualité de vie à laquelle ils ont droit, comme les autres. Vous êtes allé jusqu’à déclarer que cette décision signifiait que Borny allait bien, ignorant ainsi les problèmes profonds qui polluent la vie des habitants.

 

Je souhaite vivement que vos appuis à Paris vous permettent de faire revenir très rapidement le ministre sur cette décision. Trop de temps a déjà été perdu.

 

C’est vous Monsieur le Maire qui devez vous faire entendre, comme a su le faire le Maire de Nancy pour son centre ville, lequel est classé en zone de sécurité prioritaire alors que le quartier de Borny en est exclu... vous avouerez que c’est un comble !

 

Publié dans Politique locale

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