Conseil Régional de Lorraine : coup de rabot sur la formation professionnelle des demandeurs d'emploi

Publié le par NCO

Nul ne peut contester aujourd’hui que la situation économique et sociale de notre Région est des plus préoccupantes, au point que le cabinet ASTERES a osé parler tout récemment de « récession ».


Sur le plan économique, le taux d’utilisation des capacités de production continue sur sa tendance à la baisse avec 72,4% en mai, se rapprochant ainsi des niveaux atteints lors de la récession de 2009. L’indicateur régional du Climat des Affaires perd 4 points en mai dans notre région contre 1 point au niveau national.

 

Sur le plan social, fin mai 2012 en Lorraine, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A inscrits à Pôle emploi s’établit à 111.140. Ce nombre est en hausse de 1,6 % par rapport au mois précédent (1.720 demandeurs d’emploi en plus). Sur un an, il est en hausse de 9,6 %.

 

Depuis le début de la crise (juin 2008), le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de plus de 50% dans notre Région !

 

Plus inquiétant encore, la situation des chômeurs de longue durée : en Lorraine, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégories A, B, C depuis un an ou plus augmente de 1,9 % au mois de mai 2012, soit +9,0 % sur un an.

 

Dans un tel contexte, que peut faire le Conseil Régional ? … J’ai envie de dire « Agir plutôt que de communiquer » !

 

Depuis 2010, je n’ai eu de cesse de dénoncer, lors des débats d’orientation budgétaire et du vote des Budgets Primitifs, la politique antisociale de Jean Pierre Masseret et de sa majorité notamment en matière de formation professionnelle.

 

La vice-présidente Mme Demonet a beau essayer d’esquiver, ou de noyer le poisson derrière de soi-disantes actions territoriales d’insertion, mais les chiffres transmis dans le compte rendu d’activité 2011, une fois rapprochés de ceux de 2010, sont sans appel.

 

Si l’on se réfère au compte rendu d’activité 2010, le Conseil Régional a aidé 23.544 demandeurs d’emploi et 11.149 salariés. En 2011, le compte rendu d’activité, qui nous a été transmis et qui est mis en débat aujourd’hui, fait état de 18.719 demandeurs d’emploi et 7.085 salariés aidés, soit une baisse de près de 26 % de personnes accompagnées entre 2010 et 2011 ( -20% pour les DE et -36% pour les salariés).

 

Comment peut-on justifier, dans un contexte de crise économique, une baisse aussi importante du nombre de personnes formées ?

 

Ces chiffres donnent raison à l’opposition qui dénonce régulièrement la diminution des crédits et interventions consacrés à la formation des personnes éloignées de l’emploi ou fragilisées dans leur emploi, alors même que les dotations de l’Etat n’ont subi, en la matière, aucune diminution !

 

Nous sommes donc en droit de nous demander où passe l’argent transféré par l’Etat à la Région Lorraine et destiné à la formation professionnelle, si ce ne sont pas les demandeurs d’emploi et les salariés qui en sont au final les bénéficiaires ?


Les prescripteurs (Pôle Emploi, Missions Locales) se plaignent de ne plus avoir la moindre lisibilité en l’absence de programmes structurants de formation afin de pouvoir orienter et prescrire les formations adéquates aux demandeurs d’emploi.

 

La formation professionnelle n’a jamais été la tasse de thé de Monsieur Masseret....c'est pourtant la première compétence du Conseil Régional !


Alors qu'il semble si enthousiaste à l’idée d’un acte III de la décentralisation, au point de vouloir faire de la Région Lorraine un laboratoire d’expérimentation sur le volet économique, justifiant l’inscription d’une autorisation de programme de 20 M€ par anticipation au budget supplémentaire, J’aurais aimé que son empressement à anticiper le nouvel acte de décentralisation concerne également la formation, laquelle est indissociable du développement économique!

 

Je lui demande de reconsidérer les orientations qui sont les siennes en matière de formation professionnelle et d’assumer, ENFIN, les responsabilités confiées à la Région dans le cadre des différentes étapes de la décentralisation.

 

Je lui demande d’utiliser l’ensemble des dotations et crédits reçus de l’Etat à cette fin, et exclusivement à cette fin, et d’initier, dans les plus brefs délais avec les autres partenaires (Etat, Pôle Emploi, partenaires sociaux, organismes collecteurs), un véritable « Plan Marshall » pour faire face aux effets dévastateurs de la crise sur nos concitoyens les plus fragilisés au regard de l’emploi.

Publié dans Politique locale

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