Metz : Le numérique, levier d'une nouvelle croissance pour notre territoire

Publié le par NCO

L'initiative French Tech, portée par Fleur Pellerin comme Ministre déléguée à l'économie numérique, est une chance pour notre pays et notre Région.


De quoi s'agit-il ?


C'est le point de départ d'un grand mouvement de mobilisation collective des écosystèmes territoriaux les plus dynamiques de France pour la croissance de leurs startups et de leurs entreprises numériques. L'initiative consiste d'abord à identifier et valoriser les "Métropoles French Tech" avec un double objectif: soutenir l'accélération et la croissance de leurs startups et de leurs entreprises numériques, et attirer les talents et projets entrepreneuriaux depuis l'international.


Ce sont 200 Millions investis dans les initiatives privées et 15 millions pour soutenir les Fablabs et attirer des talents, entrepreneurs et investisseurs étrangers.

Ici, en Lorraine, la candidature du Sillon Lorrain au label "Métropole French Tech" a été officiellement lancée le vendredi 21 février 2014. Cette candidature est une excellente initiative qu’il nous faut soutenir avec force si nous voulons redonner à notre région un dynamisme économique et une visibilité internationale.

Nous devons tourner l’économie de notre territoire vers les filières d’avenir. Le fort potentiel de création d’emplois dans le domaine du numérique est une réalité : 3600 entreprises (dont plus de 3000 constituées de 1 à 2 personnes) existent en Lorraine, et génèrent 11 000 emplois. Nous devons y porter une attention à la hauteur de nos ambitions.

Regardons ce qui se passe chez nos homologues, ces toutes dernières semaines, que ce soit aux Etats-Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Italie.

Aux États-Unis, Barack Obama s’est doté en juillet d’une task force digitale. Cette petite équipe d’experts provient du secteur privé. Elle est chargée d’apporter son regard sur tous les projets de l’Administration et d’y insuffler un élan numérique.

En Allemagne, le digital supplante aujourd'hui l'industrie automobile en termes d’intérêts économiques et l’agenda numérique vient d’être dévoilé, piloté directement par le cabinet de la chancelière Angela Merkel. Celui-ci s’appuie sur trois piliers forts : le déploiement de l’internet haut débit à travers tout le pays, l’aide à la création d’entreprises IT avec une moyenne affichée de 10 000 à 15 000 sociétés nouvelles créées par an, et la sécurité des données. Chaque ministère allemand est d'ailleurs doté d'une entité numérique.

David Cameron a nommé fin juillet auprès de lui une directrice du digital. Sa mission porte sur deux axes : étudier la transformation numérique des secteurs économiques et analyser les mesures à prendre pour accompagner l’entrepreneuriat dans ce domaine.

Même en Italie, le numérique a pris sa place, placé dans les toutes premières priorités de Matteo Renzi, qui a présenté son agenda digital fin juillet.

Certes la France et la Région Lorraine bougent aussi. Nos dirigeants ont compris que le numérique était source de développement économique. Mais pourquoi ne pas aller plus loin ?


Une multitude de chantiers sont à lancer auprès des PME ; en les aidant à numériser leur logistique, leurs systèmes de relations clients, leur marketing, ou pour se développer à l’international. Grâce au digital, les PME pourront actionner des leviers de productivité et de compétitivité.


L’éducation figure également parmi les domaines où le numérique va jouer un rôle essentiel, tant dans la manière d’enseigner que dans les programmes d’enseignements qui seront nécessairement orientés davantage vers les métiers du digital. Apprendre à coder dans les collèges et tout au long de sa vie scolaire devient une nécessité et constitue sans doute un des enjeux de formation les plus urgents à prendre en compte.


L’industrie est bien évidemment concernée, avec la robotisation qui permet de piloter de façon automatique et sécurisée des process de production ou de consommation d’énergie.


Sans parler des enjeux de sécurité nationale, de cyberdéfense et d intelligence économique. Dans tous ces domaines, la formation d'experts est nécessaire.

Les structures pour former les ingénieurs , les techniciens, les chercheurs dans le domaine du numérique existent sur notre territoire. Des ingénieurs de haut niveau sont issus d'écoles prestigieuses telles que SUPELEC, les Arts et Métiers, l'ENIM pour ne citer qu'elles ...

L'Université de Lorraine forme tous les ans des informaticiens et des chercheurs qui sont employés en France, en Allemagne ou au Luxembourg. Sur ces cursus reconnus nous devons travailler à créer des cycles de formation courts destinés à compléter et spécialiser les compétences.


C'est également un enjeu en matière de formation professionnelle continue afin de permettre aux entreprises de réussir leur transition numérique. Or, les entreprises disposent souvent d'informaticiens "généralistes" mais cherchent aujourd'hui des profils spécialisés, tels des développeurs d'applications mobiles.


Nous devons réfléchir à compléter et ajuster les formations existantes aux besoins des entreprises. Et Metz peut répondre à cette attente.

Soyons ambitieux ! Metz doit se positionner pour devenir demain un pôle d'excellence de formation numérique. Nous avons les atouts et le potentiel géographique, logistique, humain. À nous de créer les conditions favorables au développement de ce pôle d'excellence qui fera de Metz La Numérique, à l'instar d'autres grandes villes telles que Rennes, Bordeaux, Toulouse.

C'est l'ambition qu'a eu dans les années 80 Jean-Marie Rausch, avec la création d'un pôle fondé sur les nouvelles technologies, des activités jusque-là confinées dans le Sud : Sophia Antipolis, IBM à Montpellier, un début à Grenoble... Le visionnaire qu'il était alors a donné à Metz sa marque, avec la création du Technopole. La ville verte est ainsi devenue la ville des nouvelles technologies.


Aujourd'hui c'est à nous de rebondir et de savoir redonner à Metz une identité et un rayonnement pour les prochaines décennies.

Le numérique est une source d’emplois vitale pour notre Région. Dans le secteur technologique bien sûr mais également dans les secteurs applicatifs comme l' e-commerce ou le marketing.

Il est temps de regarder le monde tel qu'il est. La société de demain ne ressemblera en rien à celle que nous avons connue. Nos modes de vie ont changé, le numérique, les smartphones, le e-commerce, les réseaux sociaux ont révolutionné notre quotidien et au delà, notre économie, notre culture, notre société.

Avec le numérique, les entreprises ne sollicitent plus seulement leurs forces internes mais interagissent avec leur écosystème pour créer une nouvelle chaîne de valeurs.


Cette dynamique, Epinal, Nancy et Thionville l'ont non seulement comprise mais ont tout mis en œuvre pour mobiliser leurs communautés numériques et les faire adhérer à l'élan French Tech. Des pôles numériques se dessinent à Epinal autour de l'image, à Nancy autour de l'e.santé, la ville de Thionville s'est aussi saisie de cette ambition.


Metz doit aujourd'hui partager cette même ambition et afficher une spécificité pour devenir à l'échelle de la Grande Région LE pôle d'excellence des formations numériques. Il en va de notre attractivité, et davantage encore, de notre avenir.

Nathalie Colin Oesterlé
Olivier Spiegel*

 

(* 39 ans, ingénieur informatique, Messin travaillant au Luxembourg chez EFA en tant que chef de projet. Ancien maire de JUVILLE (57) et candidat aux dernières élections municipales à Metz sur la liste d'union du Centre et de la Droite)

Publié dans Politique locale

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