Quartier de l'Amphithéâtre : de la pataugeoire à l'enlisement

Le dossier du quartier de l’Amphithéâtre paraît échapper totalement à la nouvelle municipalité. En tout cas, il est désormais clair qu’à l’ouverture du centre Pompidou-Metz, cet équipement culturel phare ne pourra pas s’adosser à un quartier d’affaires et de commerce pour doper l’économie de l’agglomération. Pas plus que l’habitat n’y sera opérationnel. Ce ne sont pas les déclarations embarrassées du Premier adjoint au maire, qui y changeront quoi que ce soit.
Tout ceci est d’autant plus affligeant qu’il m’a fallu réclamer en conseil municipal une réunion de la commission de suivi de ce quartier, celle-ci ne s’étant plus réunie depuis dix huit mois, date à laquelle la nouvelle municipalité a pris les commandes…. Ca c’est pour la conduite des opérations.
Mais sur le fond, je m’inquiète de voir les élus de la majorité patauger et se demander si c’est la mixité logements, commerces, bureaux chère à Nicolas Michelin, urbaniste du quartier qui doit être remise en cause ou s’il convient de diminuer la surface commerciale prévue. En clair, le Centre Pompidou-Metz sera inauguré au milieu… de nulle part.
Les socialistes sont des spécialistes de l’illusion. Ils se sont précipités pour donner à l’axe principal de la zone de l’Amphithéâtre le nom de François Mitterrand afin de masquer la vacuité de leur projet et le laisser ainsi en plein désert…
Je suis pour ma part très attachée à la mixité de ce programme urbain, à l’époque votée à l’unanimité. Et je revendique d’ailleurs que si l’on comprime certains programmes, on en vienne à réaliser des équipements publics structurants indispensables, comme des crèches par exemple. L’Amphithéâtre porte en lui l’avenir de l’agglomération, à condition que la Ville en fasse germer tous les fruits. Mais pour l’instant, c’est plutôt friches et compagnie tandis qu’à Nancy l’offre immobilière est beaucoup plus avancée pour profiter de l’effet TGV.
Il ne faudra donc pas compter de sitôt sur l’Amphithéâtre pour doper l’économie de l’agglomération et longtemps encore, les visiteurs de Pompidou-Metz seront conduits à vivement embarquer dans leur TGV de retour. Tout le contraire d’un schéma de développement. Les élus de la majorité devraient savoir que le temps perdu ne se rattrape pas et qu’à force de patauger on s’enlise.