Témoin/Emmanuel Lebeau

Publié le par NCO

Mon Blog n’a pas vocation à être un lieu d’expression univoque. J'ai, au contraire, choisi d’y faire témoigner des personnes politiques ou non, à propos des grands choix stratégiques effectués à Metz, dans l’agglomération ou la Région.


Emmanuel Lebeau, tête de file de Metz2014.com et élu d’opposition, est un compagnon de route. Ce professionnel des chiffres passe au crible les finances de la Ville et de Metz-Métropole. Constat sans appel : un blâme.

 

 

 


Finances messines, "Une politique gribouille à blâmer"

 

Pour la première fois depuis un quart de siècle, la Ville de Metz a choisi de pratiquer la hausse de la fiscalité locale. Un choix qui tombe mal en raison de la crise qui affecte déjà les ménages et qui de surcroît n’est dicté par aucune logique sérieuse. "C’est totalement injustifié" tonne Emmanuel Lebeau pour qui "Metz dispose d’une capacité d’autofinancement largement suffisante afin de faire face à un plan d’investissements de 40 M€ par an. Rien que pour 2009, Dominique Gros a prévu d’investir 34 M€, mais je pense qu’il aura du mal à le réaliser. Pas parce que les moyens font défaut, mais parce qu’il n’est pas aussi facile que cela de dépenser. La saine politique financière veut que dans un investissement, un tiers soit soutenu par les subventions, un autre par l’autofinancement et le troisième par le recours à l’emprunt. Or, Metz dispose d’une cagnotte de 60 M€. Ce qui a d’ailleurs été mis en évidence par le compte administratif de 2008."

 

C’est justement dans un tel contexte que la municipalité de gauche choisit de "charger la barque". Car non seulement l’indexation des bases autorisée par l’Etat fait grimper la facture de 2,5 %, mais s’y ajoutent une croissance de 4 % de la taxe d’habitation et de 7 % du foncier bâti. "Pourquoi tant d’efforts demandés aux contribuables messins ? Sûrement pas pour faire face aux hausses inéluctables – comme la masse salariale – qui ne progressent que de 1,4 %. Il n’y a donc pas d’effet ciseaux à attendre" s’indigne Emmanuel Lebeau.


Sur toutes les touches

 

Du côté de Metz-Métropole, la donne n’est pas la même. La situation y était si précaire, compte tenu des engagements, qu’il fallait accroître la pression fiscale. Parmi les touches à actionner par Metz-Métropole pour répondre aux besoins, toutes l’ont été ! Or, comme le rapporte Emmanuel Lebeau : "Déjà en 2006 le taux du versement transport était passé de 1 à 1,5. Qu’en-a-t-on fait ? Rien pour les transports en commun en tout cas. Cette fois la collectivité est passée de 1,5 à 1,8 afin d’être en mesure de financer ses travaux de busway. S’y ajoute une taxe nouvelle qui pèsera à hauteur de 50 € par habitation. Au total, Ville plus Metz-Métropole vont faire grimper les impôts locaux d’un jeune couple sans enfant domicilié à Borny de…192 €. C’est considérable, surtout en temps de recul du pouvoir d’achat."

 

Le drame de cette affaire réside dans le fait que si les élus de l’agglomération ne trouvent pas des financements croisés pour leurs engagements, l’année prochaine il faudra "alourdir encore le matraquage fiscal." Or, dans le même temps qu’elle réalise le centre Pompidou, Metz-Métropole s’engage pour la réalisation du busway. Un équipement qu’Emmanuel Lebeau qualifie de " fausse bonne idée. C’est purement idéologique, mais cela n’apportera rien en termes d’environnement car les bus rouleront au diesel et sur le plan esthétique, cela ne sera pas folichon. Les élus auraient dû regarder l’effet produit par l’achat de rames modernes pour le TER. Ce busway va coûter une fortune, engendrer des travaux extrêmement perturbants, alors qu’il aurait été simple de profiter d’une faible partie du foncier destiné au Technopôle 2 pour réaliser un transport en commun en site propre."

 

Du côté du centre Pompidou, les factures commencent également à être élevées. L’association de préfiguration a ainsi reçu 2,2 M€ l’an passé, 4,3 M€ cette année et en 2010 l’addition sera de 8 à 10 M€. En clair Metz-Métropole n’a pas les moyens de ses ambitions et elle fait supporter la charge à tous ses contribuables. "Tout cela est blâmable" conclut Emmanuel Lebeau, qui en séances, ne manque pas une occasion de le faire savoir.

 

Rendez-vous à la rentrée, quand les feuilles de fiscalité locales tomberont dans nos boîtes à lettres. Au blâme succédera la colère.

 

 


Emmanuel Lebeau
envoyé par Metz2008. -

 

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Publié dans Politique locale

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